Le masque de source : BOBO-SIMA
Il est appelé également Pohou-Pohou
Sima [pohou-pohu sima] dans le village de Kiriao. Son visage est long, de
teinte uniforme: noire, rouge, bleue, verte ou zébrée régulièrement de blanc.
Il se dégage de sa physionomie une aimable expression due à toutes ses rides
et à sa grande bouche (uhukla) articulée (uhukenamu) édentée donnant au masque
une ressemblance certaine avec le chimpanzé.

Son front est bombé et partagé verticalement
par une nervure en relief. Relativement petits, ses yeux adoptent la forme
de globes (pohadri) fendus horizontalement pour dissimuler le regard du porteur.
La vue de Bobo-sima est donc interdite aux femmes et aux gbono.
Des appendices en tronc de cône à but décoratif, jaillissant de ses pommettes,
sont destinés à amuser les spectateurs. Le nez est busqué, à fortes narines
apparentes et les oreilles sont rabattues sur les joues. Son srihauruêhê de
couleur claire rappelle par sa propreté le rôle du masque. Bobo-sima est très
imposant. De haute taille, pesant, il demande à être porté par un homme robuste
qui, de plus, doit avoir par sa réussite dans la vie, fait la preuve qu'il
bénéficiait d'une chance exceptionnelle, c'est-à-dire d'une puissance magique
particulièrement grande.

Quel est le rôle de Bobo-sima? Assurer la propreté des sources, car l'eau revêt une importance considérable pour la population. Elle est "source de vie " car elle permet l'existence quotidienne dans le village, et parce qu'elle se trouve à l'origine de l'arrivée des hommes sur terre. Enfin, elle renferme la puissance des ancêtres morts.
De même que le puisage de l'eau à
la source, le nettoyage de celle-ci incombe aux femmes. Comment Bobo-sima
remplit-il son rôle?
Un matin, en effectuant sa promenade d'inspection dans le village, il voit
par exemple la source dans la malpropreté. Son but étant de veiller à la salubrité
publique. Il décide de la faire nettoyer. II se dissimule donc dans une case
pour appeler les femmes, et ensuite dans une autre case à proximité de la
source pour les surveiller et les exhorter au travail. II réveille le village
un peu avant l'aurore par le chant suivant:
"En
soglou seni ou hamou
Ni
kpin ylin oue he blohe oue"
dont la traduction littérale est:
«
Levez-vous, femmes du village pour nettoyer
la source.
Savez-vous
que si elle reste sale, nous
attraperons tous des maladies? »
Les femmes se lèvent aussitôt, se rendent à la source où Bobo-sima
qui les a précédées s'est caché pour les attendre, et répartit les tâches
entre elles dès qu'elles arrivent. Puis, il entonne un nouveau chant, qu'elles
reprennent en chœur:
«
Ah Poho, Po ho Si Mah, a Siman Po »
Lorsque l'ardeur des travailleuses ralentit, il les encourage d'une voix douce:
« Toua louo gueu a djihé bly Gbanka
dgideu a bly... » signifiant :
«
Nettoyez la source.
La
santé vient de l'eau, mais
Surtout
de la terre... »
Si elles n'obéissent pas assez rapidement, il menace: «
Eya ya gueu gô là leu, Eya, ta, etc. »
« Femmes nettoyez proprement,
Le masque arrive, gare à vous!»
Puis pour rendre ses paroles plus dures, il ajoute:
«
Mimba de bo gueu ba,
Mimba
dé oh Ghanhoué»
c'est-à-dire:
« Le masque ne connaît ni mère ni père, ni
frère, ni sœur,
Prenez garde à lui. »
Tout en travaillant, les femmes
ramassent des poissons qu'elles entassent dans leurs canari. Lorsque la source
est enfin propre, Bobo-sima, de sa case, leur ordonne de se mettre en rang
et de rentrer. Elles se placent donc l'une derrière l'autre et reprennent
le chant qu'il a commencé:
« Pohia pa de blanou A yé gbin
anoblanou »
Après avoir fait en chantant le tour du village, elles se séparent. Chacune
regagne sa case avec sa cuvette pleine de poissons qui seront mangés le soir
même, et non mis à sécher, car selon la croyance, « en eux se trouve la puissance
de tous les ancêtres morts »
Le musée des masques Wès du Web Masque de Soakpé
Presse : Un masque en colère fait tomber la pluie
Origine des masques Gothimascologie
Les grands masques :
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Dihidrisi : Le masque de paix Tousri : Le masque de guerre
Santigbé : Le masque de propreté